23‏/7‏/2014

22‏/7‏/2014

Deux minutes avec l’artiste Hemmi


 Hemmi, l’artiste
En marge du festival des cultures oasiennes dans sa version 8, nous avons interviewé, parmi d’autres artistes, Hemmi qui a accompagné le chanteur Bachir Oulhaj dans ses prestations. Nous passerons prochainement d’autres interviews avec d’autres artistes !
Hemmi accompagnant Bachir Oulhaj et Mekki Atmane (Nechnin abrid nnegh izwa nichan
)
F-News : Hemmi, vous êtes venus de très loin car vous habitez tout près de chez nous pour accompagner votre compatriote Bachir Oulhaj lors de ses prestations à Figuig. Merci de nous avoir enchantés par votre instrument et merci aussi d’avoir accepté de répondre à nos questions ! Notre toute première question est sur votre prénom !
Hemmi : C’est comme partout dans les ksour des deux côtés de la frontière algéromarocaine, comme à Figuig d’ailleurs, Hemmi c’est Mhemmed ou Mohammed pour les intimes ou entre intimes (amis, parents…) !
Hemmi pour les amis, une photo avec des amis de Figuig

F-News : Très bien, nous allons nous tutoyer, Hemmi c’est pour les intimes ! Hemmi, quelle a été votre toute première impression en arrivant à Figuig ?
Hemmi : Walleh, je ne sais pas quoi dire ! Nous avons fait un très très long voyage pour nous trouver avec des gens qui nous ressemblent en tout ! Je n’imaginais pas que nous allions nous entendre au premier contact et converser aisément sans barrière culturelle ni linguistique ! J’ai vu jusqu’à quel point nous ne constituons qu’un seul et même peuple ! Je suis très impressionné ! Je me croyais chez moi ! Je ne fais aucun effort pour comprendre les gens, la compréhension entre nous est très aisée !
F-News : Tant d’émotions ?
Hemmi : Welleh, je me sens comme si j’étais en Algérie. Je ne sens pas être dans un autre pays ! Imagine ! nous avons fait Boussemghoun-Méchria-Oran (par route), Oran-Casa-Oujda (par avion) et Oujda-Figuig (par route). Au lieu de faire 200 km, nous avons fait un énorme détour : des milliers de kilomètres ! Et miracle ! nous avons trouvé des gens qui nous ressemblent en tout ! C’est très impressionnant, nous parlons avec des gens sans un moindre effort. Bachir a commencé à parler avec les gens dès qu’il a foulé le sol de Figuig et tout le monde le comprenait ! La communication avec les gens passait parfaitement ! Il riait avec les gens sans difficulté. Tu vois, nous ne sommes qu’un seul et même peuple
 !
J’ai failli abandonner mon instrument à un moment : l’émotion était très forte
F-News : On t’a vu sur scène derrière ton instrument et tes réactions disaient beaucoup !
Hemmi : Oui beaucoup, je n’ai pas les mots pour décrire mes émotions mais il faut dire que j’étais très emporté par une vague ou une onde électrique d’une grande intensité et j’ai failli abandonner mon instrument : l’émotion était très grande ! Je suis vraiment inondé d’émotion par le public figuiguien que je salue très fort !
Bachir Oulhaj, le chanteur (ayettoum g iri)
F-News : Hemmi et Bachir, comment est-ce possible des gens de générations différentes qui travaillent ensemble en synergie allons-nous dire ?
Hemmi : Le contact avec Bachir ? Moi, je me rends souvent à Boussemghoun et c’est là que nous nous sommes connus ! Lui, il jouait depuis très longtemps la musique et il a composé des chansons de très grande qualité. A Boussemghoun, comme je jouais bien mon instrument, Bachir m’a proposé un jour de retravailler ensemble la chanson « a Bousseghoun » qui était déjà très diffusée par la télévision et les médias algériens. Nous l’avons un peu modernisée par des arrangements et des instruments modernes pour attirer la jeunesse et lui donner une certaine dynamique. Ceci a beaucoup plu aux gens et les médias l’ont reprise. C’était ainsi notre départ.
Ali Haddad et Kari Gagou avec Hemmi pour accompagner Bachir Oulhaj
F-News : Bachir pour Hemmi
 ?
Hemmi : Ô, Bachir ! C’est un grand homme, un vrai artiste ! Ce festival nous a ramené ici et par la réaction du public, nous avons compris que notre travail est bien mené et Bachir un artiste reconnu du public de Figuig comme de celui de Boussemghoun et de plusieurs régions algériennes !
Bachir, Kari et Hemmi (de gauche à droite)
F-News : Vous étiez satisfaits ?
Hemmi : Le public était très satisfait et c’est peut-être un signe que notre travail était bon. Tu sais un artiste n’est jamais satisfait, il veut toujours mieux ! Pour avancer, il faut toujours faire mieux. Bien entendu selon les moyens !
F-News : Votre travail a été fait dans les éditions ?
Hemmi : Non ! En studio, le mien. Nous l’avons travaillé chez moi à la maison !
Qui est Hemmi ?
F-News : Une question qu’on devait poser au début : qui est Hemmi ?
Hemmi : Je suis né un mois de juin à Méchria. Mon père est de Boussemghoun de la famille Mesbah et ma mère de Méchria, de la famille Fellah.
F-News : Un mot sur tes études ?
Hemmi : J’ai fait mes études à Méchria jusqu’au terminal (bac), de là je suis allé à Oran où j’ai continué mes recherches en musique.
Je joue le synthétiseur et l’accordéon
F-News : Tu joues le même instrument que celui avec lequel tu nous as enchantés ces soirs de Festival ?
Hemmi : Oui, je jouais et je joue toujours le synthétiseur mais pas que lui car je joue aussi l’accordéon. A Oran, je jouais dans des boites de nuit. Je suis revenu vers Mechria, j’ai repris mes études et j’ai fait des études de droit. J’ai fini mon bac + 3.
Bachir, Mekki et sa chorale et Hemmi, un souvenir
F-News : Pourquoi des études de droit quand on est « mordu » par la musique ?
Hemmi : Je voulais faire le français mais cette spécialité n’existait pas à l’université qui était fraîchement ouverte ! J’ai fait le droit des affaires ! L’université est nouvellement ouverte dans la Wilaya de Naama, tout près de chez moi. La musique c’est mon métier et je vis grâce à elle, là-bas !
F-News : Hemmi a appris la musique à l’école ? Dans un conservatoire ?
Hemmi : Non, je suis autodidacte ! Je suis né dans une famille de musiciens : mon père jouait la flûte !
Le festival, un aspect
F-News : Le festival ?
Hemmi : C’est un début, cela nous a ouvert plusieurs horizons ! Il y aura sûrement d’autres projets ! Nous sommes toujours disponibles au besoin tout près de chez vous !
Des amitiés nouées
F-News : Un mot peut-être !
Hemmi : Que dire ? Nous sommes des frères au Maroc et en Algérie et nous n’avons rien à voir avec les conflits qui nous séparent ! Nous ne sommes qu’un seul et même peuple et nous le resterons ! Nous sommes des frères et cela dit tout !
Beni Ounif à 2 km ! Hélas, il faut parcourir des milliers de kilomètres pour y arriver !
F-News : Hemmi, merci infiniment. Nous vous souhaitons beaucoup de succès dans votre carrière d’artiste et tant de bonheurs à tous nos frères derrière la frontière !
Hemmi : Merci, pour ma part, je remercie tous les gens de Figuig et les responsables de ce festival ! Merci à vous !

Propos recueillis par Hassane B.
Figuignews.com 2014